Faire passer sa musique à la radio : la méthode
Mis à jour le 14 septembre 2026
Visez d'abord les radios locales et associatives de votre région, qui choisissent leur musique sur place. Écrivez au programmateur de chaque station avec la version finale du morceau. Si vous débutez et chantez en français, dites-le simplement : cela peut aider la radio à tenir ses obligations.
La méthode en six étapes
- Choisir les radios qui décident de leur musique. Commencez par les radios locales et associatives, qui choisissent leurs titres sur place, plutôt que par les antennes qui reprennent un programme national.
- Trouver la personne à qui écrire. La fiche de la station sur le site de l’Arcom mène à son éditeur, puis au programmateur, jamais à l’animateur.
- Préparer le titre avant de l’envoyer. Le master est définitif, le code ISRC est dans le fichier, les métadonnées sont figées et l’œuvre est déclarée à la SACEM.
- Savoir ce que votre titre apporte à la station. Un nouveau talent ou une nouvelle production l’aide à remplir ses quotas. La fenêtre de neuf mois part du premier passage, pas de la sortie.
- Rédiger l’envoi. Un message court dit ce qu’est le titre, ce qu’il apporte à la station, comment l’écouter et comment vous joindre.
- Après l’envoi : la décision et le suivi. Le titre passe devant un comité. Il faut plusieurs semaines pour savoir s’il entre en playlist.
Choisir les radios qui décident de leur musique
L’Arcom classe les radios privées en cinq catégories, de A à E, selon leur vocation, locale ou nationale, et leur contenu. Les radios associatives de proximité, en catégorie A, et les radios locales ou régionales indépendantes, en catégorie B, choisissent leurs titres sur place. Les radios thématiques nationales, en catégorie D, et les généralistes nationales, en catégorie E, reçoivent une programmation décidée au niveau national. Les radios locales adossées à un réseau, en catégorie C, partagent la décision.
Une station de catégorie C assure au moins trois heures de programme local par jour et reprend le reste d’un réseau national. Jusqu’à 21 heures de son antenne se décident donc ailleurs. Pour une C, seules les heures locales valent un envoi. À l’inverse, une radio nationale diffuse les mêmes programmes sur toutes les zones où elle est autorisée. Une seule décision prise au national peut toucher jusqu’à 55 antennes locales. Le service public ne porte pas de lettre. Son réseau de proximité, passé sous le nom ici le 6 janvier 2025, compte 44 stations.
Commencez par les radios locales et associatives. Elles choisissent leurs titres sur place, et vous pouvez joindre la personne qui le fait. Les radios associatives représentent près de la moitié des éditeurs de métropole. Pour toucher leur subvention d’exploitation, elles doivent diffuser chaque jour au moins quatre heures de programme d’intérêt local animé. De la musique diffusée sans animation ne remplit pas ces heures. Une interview, une session ou un plateau avec un artiste du coin les remplit. Environ 750 radios associatives ont été aidées en 2024, et ces aides pèsent en moyenne 40 % de leurs ressources.
Dans ces radios, la programmation passe souvent par un comité dont les membres se réunissent pour faire entrer et sortir des titres. Ce comité est souvent bénévole.
Deux réseaux peuvent donner plus de portée à un envoi. La fédération des radios associatives de musiques actuelles fonctionne par commission d’écoute : un partenariat avec un artiste y est validé à une majorité qualifiée de 70 % des avis exprimés, puis chaque radio membre diffuse cet artiste tous les jours. Le réseau des radios étudiantes réunit une trentaine d’antennes de catégorie A.
Trouver la personne à qui écrire
Il n’existe pas de guichet central pour envoyer sa musique aux radios françaises. Le contact se cherche station par station.
- Listez les radios de votre zone. Balayez la bande FM au poste, ou consultez la page des fréquences par ville de l’Arcom. Cette page ne donne pas la catégorie des stations.
- Ouvrez la fiche de chaque station sur la liste des radios de l’Arcom. La fiche d’Alouette, par exemple, indique l’éditeur SAS Alouette et la catégorie B : cette radio décide de sa musique. Notez la catégorie et l’éditeur de chaque antenne, puis écartez celles dont la musique se décide au national.
- Remontez de l’éditeur à un vrai contact. L’éditeur est la personne morale qui exploite la station. Son nom se retrouve dans les mentions légales du site de la radio, dans un annuaire d’entreprises, parfois sur une page d’équipe.
- Passez par les organisations de radios pour aller au-delà de votre zone. Les Indés Radios regroupent des radios indépendantes, le SIRTI en est le syndicat, et la CNRA et le SNRL représentent les radios associatives. Ces deux dernières sont réunies depuis 2024 dans l’association Les Locales.
Écrivez au programmateur, ou au responsable de la programmation musicale. Son intitulé varie d’une radio à l’autre. Cherchez son nom dans l’équipe de la station. À défaut, écrivez au directeur des programmes. N’écrivez jamais à l’animateur. Il tient ses tranches horaires selon un cahier des charges fixé par la direction des programmes, et ne choisit pas la musique.
Préparer le titre avant de l’envoyer
Le code ISRC identifie un enregistrement et le suit partout. Il sert aussi à répartir entre les ayants droit les rémunérations perçues pour ses diffusions. Vous ne recevez pas des codes un par un, mais une racine à partir de laquelle vous générez les vôtres. Cette racine se demande auprès de l’agence nationale, ouverte à tous sans adhésion, à l’étape du pré-mastering. L’agence annonce 48 heures.
Un code attribué ne se réutilise jamais. Un remix, un edit ou un changement de durée de plus de dix secondes demandent un nouveau code. Un remastering n’en demande pas. Les deux chiffres d’année du code sont ceux de son attribution, pas de l’enregistrement.
Beaucoup d’artistes autoproduits découvrent que leur distributeur a déjà attribué un ISRC à leur titre. Le code à faire circuler est celui du fichier diffusé.
Chaque code s’accompagne de six données de référence : le titre, le titre de version, le nom de l’artiste principal, la durée, le type et l’année de première publication. Écrivez votre nom d’artiste tel qu’il figure sur les pochettes des supports physiques ou sur les plateformes, avec une seule orthographe partout. Une erreur à cet endroit peut vous faire perdre des rémunérations. Placez le code dans le tag du fichier, le tag ID3 pour un MP3.
Le fichier que vous envoyez est celui qui passera à l’antenne. Envoyez donc le master définitif. Les consignes de format se lisent station par station, avant l’envoi. Une radio thématique, par exemple, n’accepte que des fichiers WAV ou MP3 en 44,1 kHz et 320 kbps, avec un objet de courriel normé et un fichier nommé Artiste - Titre. Les grandes antennes ne publient pas de consigne de ce type.
Déclarez aussi l’œuvre à la SACEM avant les premières diffusions. Adhérer ne suffit pas : sans déclaration, rien ne vous sera versé automatiquement.
Savoir ce que votre titre apporte à la station
Une radio privée doit diffuser au moins 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié au moins de nouveaux talents ou de nouvelles productions. Cette part de nouveaux talents et de nouvelles productions se compte sur le total des chansons diffusées. Le détail de ces règles est dans notre guide des quotas. Votre titre peut aider la station à remplir cette obligation.
Nouveau talent est un statut d’artiste, nouvelle production un statut de titre. Un artiste confirmé peut donc avoir, lui aussi, des nouvelles productions.
Est nouveau talent tout artiste ou groupe qui n’a pas dépassé le seuil de 100 000 ventes pour deux albums distincts. Une vente vaut 1 500 écoutes de plus de 30 secondes sur les offres payantes. L’Arcom publie la liste des artistes confirmés. Cherchez-y votre nom : s’il n’y figure pas, vous êtes nouveau talent, et vous pouvez l’écrire dans votre envoi.
Un titre est une nouvelle production pendant neuf mois à partir de sa première diffusion sur une radio, à condition d’obtenir au moins trois passages par semaine pendant deux semaines consécutives. La fenêtre part du premier passage, pas de la sortie. Faire tourner un titre sur une seule antenne six mois avant sa campagne consomme la fenêtre. Notez la date du premier passage, où qu’il ait lieu.
La station a aussi intérêt à varier ses titres. Quand plus de la moitié de ses diffusions francophones se concentre sur ses dix titres francophones les plus programmés, les diffusions au-delà de ce seuil ne comptent plus dans le quota.
Un passage ne compte qu’à partir de deux minutes, ou si le titre passe en entier. Un passage de nuit ne compte pas dans le quota.
Une chanson compte comme francophone si plus de la moitié de sa durée chantée est en français ou dans une langue régionale en usage en France. La nationalité de l’artiste n’entre pas en compte : un artiste français qui chante en anglais ne sert pas le quota francophone. Son titre peut en revanche être une nouvelle production, et servir le taux de nouvelles productions de la station.
Rédiger l’envoi
Un envoi utile tient en quatre blocs : ce qu’est le titre, ce qu’il apporte à la station, comment l’écouter, comment vous joindre. Avant d’écrire, lisez la page d’envoi de la station quand elle existe, puis respectez sa consigne de format et de nommage.
N’y mettez pas de superlatif, pas de biographie de deux pages, pas de pièce jointe quand la station demande un lien.
Après l’envoi : la décision et le suivi
Votre titre arrive devant un comité de sélection. Le programmateur y participe, suit en temps réel les obligations de la station, ses quotas comme les rotations maximales des titres, et construit les horloges de l’antenne. Le fonctionnement complet est détaillé dans notre guide sur la programmation musicale d’une radio.
Une horloge vaut une heure : c’est une suite chronologique de catégories de titres. La rotation d’un titre en découle par un calcul : elle dépend du nombre de titres dans sa catégorie et du nombre de fois où cette catégorie est appelée dans les horloges.
Ces catégories sont des fonctions d’antenne, pas des notes. Un titre ancien très aimé rassure l’auditeur, une nouveauté situe l’antenne dans l’air du temps. Un titre y entre surtout selon la notoriété de l’artiste, puis selon celle du titre. Un premier titre entre rarement en forte rotation.
Le logiciel de programmation ne juge pas la musique : c’est un moteur de contraintes. Il applique les règles que le programmateur lui donne, par exemple six heures d’écart entre deux titres d’un même auteur, après avoir qualifié chaque titre par son style, sa langue, son tempo, sa tonalité ou son artiste. Ce sont vos métadonnées qui rendent le titre programmable. Encore faut-il qu’il existe dans la base musicale de la station.
Sur certaines radios musicales, le titre est ensuite testé régulièrement auprès des auditeurs. On leur demande s’ils le connaissent, s’ils l’aiment, et s’ils l’entendent trop ou pas assez.
Sur une radio musicale à playlist courte, le choix est très contraint. Dans une radio associative, le comité laisse plus de place à la découverte. Les modèles varient aussi au sein d’une même maison : ici la décision se prend émission par émission, avec trois titres par heure, là l’écoute alimente une playlist d’environ 70 à 80 titres, ailleurs le stock n’a pas de limite.
Entrer en playlist, c’est obtenir pour la première fois au moins trois diffusions par semaine sur une même station. En 2024, ces entrées en playlist représentent 12 % des nouveaux titres diffusés, mais 73 % de leurs diffusions.
Il faut plusieurs semaines pour juger. Le titre est d’abord exposé à l’antenne, puis repéré par les auditeurs, avant de pouvoir être apprécié.
Pour vérifier qu’un titre est passé, l’Arcom publie le fichier des nouvelles productions. Il donne titre par titre les dates d’ouverture et de fermeture de la fenêtre de neuf mois, avec un décalage. Aucune démarche de dépôt n’existe : c’est la diffusion qui crée le statut.
Les chiffres publics de diversité musicale ne portent que sur un panel de 65 stations, 60 musicales et 5 parlées.
Questions fréquentes
Faut-il un label pour passer à la radio ?
Non, aucune règle ne l’exige. Un artiste autoproduit est producteur de son enregistrement. Il peut demander sa propre racine ISRC sans adhérer à aucun organisme, et il compte comme nouveau talent tant qu’il ne figure pas dans la liste des artistes confirmés de l’Arcom. Le label est nécessaire à certaines aides, pas à une diffusion.
À qui envoyer sa musique ?
Au programmateur ou au responsable de la programmation musicale d’une radio qui décide de sa musique, à défaut au directeur des programmes. Pas à l’animateur, qui applique un cahier des charges fixé par la direction des programmes. La fiche de la station sur le site de l’Arcom donne son éditeur, point de départ pour trouver le bon contact. Commencez par les radios locales et associatives de votre zone.
Pourquoi ma musique ne passe pas à la radio ?
La station visée reprend peut-être la programmation d’un réseau national : votre envoi n’arrive alors pas à la personne qui décide. Sa catégorie de rotation est peut-être déjà chargée, et un premier titre y entre rarement en forte rotation. Le titre doit aussi exister dans sa base musicale, avec des métadonnées propres, pour être programmable.
Comment savoir si ma musique est passée à la radio ?
Le fichier des nouvelles productions de l’Arcom donne, titre par titre, les dates d’ouverture et de fermeture de la fenêtre de neuf mois, avec un décalage. C’est la diffusion qui y fait entrer un titre, sans aucune démarche de votre part. Les chiffres publics de diversité musicale ne portent, eux, que sur 65 stations. Les deux traces qui existent sont détaillées dans notre guide savoir si sa musique est passée à la radio.
Faut-il payer pour passer à la radio ?
Non. L’argent circule dans l’autre sens : c’est la radio qui verse des droits aux artistes-interprètes et aux producteurs pour diffuser leurs enregistrements, sans avoir à leur demander d’autorisation. Ce qui peut se payer, c’est le travail d’un attaché de promotion. Ce qui peut s’acheter, c’est un message publicitaire pour annoncer une sortie, qui doit être clairement annoncé et identifié comme tel.
Combien de temps avant de savoir si cela marche ?
Plusieurs semaines. Un titre est d’abord exposé à l’antenne, puis repéré par les auditeurs, avant d’être apprécié ou non et diffusé en conséquence. Le bon signal est une entrée en playlist : au moins trois diffusions par semaine sur une même station. Sur certaines radios musicales, il est ensuite testé régulièrement auprès des auditeurs.
RadioTracker™ mesure les diffusions des radios françaises et permet de retrouver quand et où un titre est passé à l’antenne. Une radio vous manque ? Contactez-nous dans l’application web et nous l’ajoutons sous 48 heures.
Sources
- Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, article 28 (2° bis), pour les quotas et le malus.
- Délibération n° 2021-103 du 8 décembre 2021, pour les définitions de nouveau talent, de nouvelle production et de chanson d’expression française.
- Décret n° 2006-1067 du 25 août 2006 relatif au fonds de soutien à l’expression radiophonique locale, pour le programme d’intérêt local des radios associatives.
- Décret n° 87-239 du 6 avril 1987, article 8, pour les messages publicitaires.
- Code de la propriété intellectuelle, article L214-1, pour la rémunération des artistes-interprètes et des producteurs.
- Convention collective nationale de la radiodiffusion du 11 avril 1996, grille de classification des fonctions.
- Arcom, « Les radios en France », pour les catégories et le service public.
- Arcom, Livre blanc de la radio, juin 2024, pages 28 à 41, tableaux 2 et 3.
- Arcom, modèle de convention radio catégorie C, pour le programme d’intérêt local.
- Arcom, fiche d’un service de radio, exemple, pour les champs éditeur et catégorie.
- Arcom, « Fréquences radio pour les principales villes françaises ».
- Arcom, liste des artistes confirmés, millésime 2026 et l’actualité du 16 avril 2026 qui l’accompagne.
- Arcom, liste des nouvelles productions, mise à jour du 10 août 2026.
- Centre national de la musique, « La radio en 2024 » : la diversité musicale en radio et méthodologie et obligations de diffusion.
- Ministère de la Culture, « Fonds de soutien à l’expression radiophonique locale (FSER) ».
- SCPP, « La SCPP est l’Agence Nationale du code ISRC » et « Questions fréquentes ».
- SPPF, « Code ISRC ».
- IFPI, FAQ officielle du code ISRC et ISRC Handbook, 4e édition, 2021.
- SACEM, « Répartition des droits d’auteur ».